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jeudi 4 février 2010

Chatel ne veut pas du baiser de la lune

Quatrième et sans doute dernier article sur le sujet, les élèves d'école primaire ne verront finalement pas le dessin animé « Le Baiser de la Lune ». Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale, juge prématuré de parler d'homosexualité à des élèves de primaire.
« On parle bien de racisme aux enfants autant les préparer très jeunes à avoir un esprit de tolérance vis-à-vis des autres » s'est étonnée, au micro d'Europe 1, Marie-Anne Chapdelaine, adjointe au maire de Rennes.

Pauvre France ! Le temps des Lumières est bien loin et la laïcité que l'on évoque sans cesse n'est plus qu'une vue de l'esprit quand ce sont les fondamentalistes religieux qui dictent leurs lois et imposent leurs valeurs morales à tous.
Pauvre France qui se voulait le phare du monde et qui reste à la traîne sur tous les plans.
Evidemment, il ne fallait pas s'attendre à une autre réponse de la part du ministre de l'Education d'un pays qui est aussi mal à l'aise avec l'homosexualité. Un mal aise qui relève de la phobie. La position sur le mariage homosexuel acquis aujourd'hui dans de nombreux pays voisins n'en est qu'un exemple.

De quoi est-il question ici ? D'un film qui souhaite aborder la question de l'homophobie.
Le ministre répond que les enfants sont trop jeunes pour cela. Dans ce cas, quelles mesures compte-t-il prendre pour protéger les enfants de cet âge des propos homophobes omniprésents dans notre société ?
Que le ministre le veuille ou non, ces propos homophobes arrivent aux oreilles des enfants avant qu'ils n'aient atteint l'âge de 9 ans. Mais cela, le ministre ne veut pas le savoir. Sa décision est donc une décision par laquelle il se rend complice de tous les homophobes.
J'espère qu'il dormira tranquille quand il comprendra que la complicité avec l'homophobie conduit à la complicité par omission avec les criminels qui tabassent jusqu'à ce que mort s'en suivent des "sales pédés" en se déculpabilisant du fait que ces "homosexuels sont une menace grave pour l'humanité".

Tant que la société permet l'expression de tels propos, qui peuvent être entendus par des enfants de tous âges, sans offrir à ces enfants la possibilité de les relativiser, elle est complice.

Zéro pointé, c'est tout ce que vous méritez comme note, Monsieur le Ministre de l'Education.

J’aborderai demain la déclaration de Jacques Balthazart, zoologiste de formation, professeur à l'Université de Liège et responsable du Groupe de recherche en neuro-endocrinologie du comportement, qui affirme : "On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être", une affirmation qui fera sans doute grand bruit.

Message suivant : On nait homosexuel...

vendredi 29 janvier 2010

Le baiser de la lune 2

Hier, mon coup de cœur était pour « Le baiser de la lune », un film pédagogique destiné à apporter aux jeunes élèves une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe.

Cette production rennaise est à mon sens une excellente initiative dans la mesure où elle vise à lutter contre l’homophobie au moment où elle survient, c’est-à-dire au début de l’adolescence, en cassant les stéréotypes. Par ailleurs, ce film ne peut que dédramatiser une situation qui pourrait sembler inextricable aux jeunes qui découvrent leur façon différente d’aimer.
Cet outil pédagogique est soutenu par de nombreux partenaires, notamment le ministère de la Jeunesse et des Sports, le Conseil Régional de Bretagne, les Conseils Généraux des Côtes d'Armor et du Finistère, la Ville de Rennes, la Ligue de l’enseignement 35, SOS homophobie, le Centre GLBT de Rennes et le Centre National de la Cinématographie, etc.

Malheureusement, l’initiative subit les pressions des lobbys conservateurs et doit faire face à une levée de boucliers homophobes. Mon coup de pique d’aujourd’hui est pour eux.
Le 23 janvier dernier, le ministère de l'Éducation nationale, par le biais de l'inspection académique d'Ille-et-Vilaine, a décidé de retirer son logo de ce projet pédagogique qui vise à apporter une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe. Le ministère de la Jeunesse et des Sports subit des pressions dans le même sens.
Deux pétitions intitulées pour l'une « Halte aux incitations homosexuelles dans les écoles primaires ! » et la seconde « Halte à la propagande en faveur de l’homosexualité au sein de l’école » ont été mises en circulation et adressées à différentes institutions partenaires du projet afin de faire pression sur elles.
Pour les opposants au projet, l'intégrité mentale des enfants est menacée, avec la complicité active de la puissance publique et l'initiative risque de pervertir les élèves.

L'Inter-LGBT, SOS homophobie et le ‘Collectif éducation contre les LGBTphobies’ en milieu scolaire dénoncent dans un communiqué la reculade du ministère de l'Education qui refuse de remplir sa mission d’éducation à la sexualité et à la citoyenneté, cautionnant ainsi les lobbys ultra- conservateurs, chantres de l'ordre moral.
Ces organisations ont adressé un courrier en ce sens aux deux ministères concernés par le projet.

La hargne des homophobes, leur virulence à défendre les « valeurs hétérosexuelles » à l’exclusion de tout autre, leur intolérance à l’égard de tout ce qui leur échappe, leur incapacité à comprendre que l’on puisse vivre autrement qu’eux, me laisseront toujours perplexe.
Comment pouvons-nous envisager un futur serein pour notre société avec des gens pareils, incapables d’accepter des genres de vie différents des leurs ?
Les homosexuels ne se reproduisent pas entre eux et l’homosexualité n’est ni un phénomène culturel ni une maladie contagieuse, c’est une réalité qui s’impose de manière inéluctable à certaines personnes sans qu’elles ne l’aient souhaitée.
Les homophobes sont-ils conscients du fait que l’un de leurs enfants pourrait s’avérer être homosexuel ? Quel service pensent-ils leur rendre en agissant ainsi ? Quel soutien imaginent-ils pouvoir offrir à leur enfant au travers de leur intolérance ? Contrairement à ce qu’ils pensent, c’est leur attitude qui menace l’intégrité mentale des enfants et qui risque de les pervertir. Car, la perversion n’est pas de s’assumer comme homosexuel mais de vouloir vivre contre sa véritable nature, de se mentir à soi-même et aux autres.

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lundi 18 janvier 2010

André-Joseph Léonard

C’était officieux depuis plusieurs jours, c’est aujourd’hui officiel, André-Mutien Léonard, évêque de Namur devient André-Joseph Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles et primat de Belgique.
Ce serait sans grand intérêt si le chef de l’Eglise catholique belge n’occupait pas la seconde place dans la liste de préséance protocolaire, juste après le Roi et avant le Nonce apostolique.
C’est purement symbolique mais il y a de quoi s’inquiéter sur l’influence de l’Eglise catholique dans un pays dont la Constitution proclame la séparation de l’Eglise et de l’Etat mais dont le Souverain n’hésite pas à se prosterner publiquement devant le pape et où le Primat et le Nonce ont la priorité sur les Présidents de la Chambre des représentants et du Sénat.

Aussi voyons qui est le nouveau primat de Belgique.
Croix et bagues apparentes, habits austères, visage dur et fermé... André-Joseph Léonard tranche avec son prédécesseur. Avec sa voix douce et son visage rond, Godfried Danneels a toujours adopté des positions consensuelles. Mgr Léonard collectionne les polémiques.
Il s'est déjà fait remarquer en tant qu'évêque par des prises de position qui ont provoqué à plusieurs reprises de vives réactions, notamment sur l'homosexualité. En juin 2008, il a ainsi bénéficié d'un non-lieu devant la chambre du conseil de Namur, dans le cadre de poursuites intentées pour propos homophobes reproduits dans l'hebdomadaire Télémoustique. Dans l'interview controversée, l'évêque, connu pour ses positions rigoristes, qualifiait l'homosexualité d'anormalité. Il a expliqué par la suite que son jugement visait le comportement et non les personnes, appuyant son analyse sur Freud.
Mgr Léonard considère que les homosexuels ont rencontré un blocage dans leur développement psychologique normal. Dans son interview à Télémoustique, l'évêque de Namur faisait aussi référence aux gay prides, estimant que "la promotion de l'homosexualité au travers des gay prides signe le retour à l'Antiquité gréco-romaine".
S'exprimant sur le mariage des homosexuels, Mgr Léonard affirmait encore que "le mariage est, par définition, l'union stable entre un homme et une femme". Il préconise dès lors de pas utiliser le terme de "mariage" pour les unions homosexuelles. "Un pics, un pacs, un pucs... tout ce que vous voulez mais pas mariage", disait-il.
Sur d'autres sujets de société, comme l'euthanasie ou l'avortement, l'évêque a également pris des positions tranchées. Il a aussi vivement décrié l'usage du préservatif, qualifié de "roulette russe". Mgr Léonard s'est également exprimé à propos de la recherche sur les embryons et la bioéthique.

Ses prises de position semblent avoir plu à Rome. Proche de Jean-Paul II, il considérait le pape polonais comme un père. Lors de son décès, il soutient de la même façon Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI. “J’espérais cette élection ”, déclare ainsi le futur primat de Belgique. Ratzinger l’Allemand et Léonard le Belge partagent en effet une même vision de l’Église. Très conservatrice.
En 2005, on annonce d’ailleurs leur réunion, à Rome, Benoît XVI faisant de l’évêque namurois son successeur comme président de la Congrégation de la doctrine de la foi. Le Pape avait visiblement un autre projet pour lui: diriger l’Église belge. Celle-ci va mal, en pleine crise de vocation. La société belge, de son côté, a adopté des lois profondément choquantes pour le Saint-Père, sur l’euthanasie ou le mariage homosexuel. Les déclarations d’André-Mutien Léonard n’ont pu que renforcer le pape dans son idée: le Namurois est celui qu’il faut pour reprendre en main le catholicisme belge.
Pourtant, dans son propre diocèse, il ne laisse pas un grand souvenir. “ Il ne comprend pas suffisamment le monde actuel ”, “ il n’a jamais su rassembler ses paroisses ”... Il ne faut pas chercher longtemps pour trouver des curés mécontents de son passage.

Le choix de Rome n’a rien d’étonnant mais il est regrettable d’assister au retour des intégrismes au moment où nous avons tant besoin de gens ouverts au dialogue et au respect de la diversité.
Certes, si on considère qu’être normal, c’est être conforme à la norme majoritaire, l’homosexualité est anormale, mais le célibat des prêtres l’est tout autant. Ce n’est malheureusement pas en se basant sur de telles considérations qu’on pourra créer un avenir serein.

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lundi 4 janvier 2010

Rien ne va plus en Afrique pour les LGBT

"En Afrique, rien ne va plus pour les personnes LGBT !", s'alarme Christine Le Doaré, du Centre LGBT Paris-IDF et membre du bureau européen de l'ILGA (International Lesbian & Gay Association) : 24 homosexuels présumés arrêtés par la police sénégalaise, 2 au Malawi pour une cérémonie symbolique de mariage, le Rwanda et l’Ouganda qui renforcent la criminalisation de l'homosexualité.
Elle dénonce la "relative indifférence internationale" face à la clandestinité, aux violences et aux discriminations subies par les LGBT africains et en appelle aux "responsables des programmes d’éducation et de développement européens et mondiaux" afin qu'ils prennent aussi en compte la situation des personnes LGBT. Même attente envers les ONG et les institutions nationales comme internationales qui doivent, selon elle, "sans tarder exprimer leur préoccupation la situation des personnes LGBT en Afrique".
"La Déclaration conjointe de dépénalisation mondiale de l’homosexualité portée par la France devant l’ONU fin 2008 et signée par 66 des 192 pays membres de l’Assemblée ne doit pas rester lettre morte", rappelle Christine Le Doaré.

Sénégal : 24 homosexuels présumés arrêtés lors d'un guet-apens policier
Vingt-quatre homosexuels présumés ont été arrêtés par la police sénégalaise lors du réveillon de Noël. Ces vingt-quatre personnes, arrêtées dans la station balnéaire de Saly Portudal, sont pour partie de nationalité sénégalaise et pour deux d'entre elles française.
C'est lors du réveillon de Noël et dans une résidence privée que la police est intervenue en infiltrant les invités pour y opérer un flagrant délit.
La villa a été cernée avant que n'intervienne les arrestations et une perquisition.
Comme à chaque fois dans ce genre d'intervention, la police a saisi des préservatifs et du lubrifiant présentés comme des "pièces à convictions" à la justice.
Les participants à ce réveillon ont été placés en garde à vue dans un premier temps - avant d'être libérés - dans l'attente de leur présentation au procureur de la République.
La loi sénégalaise sanctionne l’homosexualité de peines de prison.
Le Sénégal connait une vague incessante d'arrestations d'homosexuels depuis de nombreux mois. Il y a un an, une affaire similaire, survenue à Dakar, avait fait grand bruit et provoqué une mobilisation diplomatique en faveur de la libération de 9 homosexuels présumés dont un responsable local de "Aides".

Ouganda : un tabloïd publie les données personnelles de défenseurs des droits homosexuels
En plein débat sur la criminalisation de l'homosexualité, un tabloïd ougandais publie un liste de personnes présentées comme soutenant les droits des homosexuels et divulgue des informations personnelles les concernant en incitant à les combattre.
Le journal populaire à sensation "The Red Pepper" a publié ces derniers jours une liste de personnes présentées comme soutenant les droits des homosexuels en Ouganda.
Il divulgue notamment des informations personnelles sur des partisans des droits LGBT, telles que leurs noms, adresses ou identification de voitures.
Le journal à scandale accuse ces personnes de "financement" de mouvements des droits homosexuels dans le pays.
L'article parle de salaires versés à des militants de la communauté LGBT ou de lubrifiants "envoyés aux gays ougandais depuis l'étranger".
Sur le ton de la dénonciation, il incite les lecteurs à combattre les défenseurs des droits LGBT.
En 2007, "The Red Pepper" avait déjà outé des personnalités ougandaises présumées homosexuelles en publiant les noms de plusieurs dizaines de personnes.
Au printemps, il a publié une liste des personnalités gay "en vue" en Ouganda, selon lui.
L'Ouganda est actuellement au cœur d'une polémique internationale pour son projet de loi anti-homosexualité qui prévoit de criminaliser les personnes LGBT et ceux qui défendent l'homosexualité. Le projet parlementaire permettrait également de punir les citoyens ougandais qui ont des rapports sexuels homosexuels à l'étranger.
Selon un responsable du département d'Etat américain, le président ougandais Yoweri Museveni aurait indiqué à deux occasions au secrétaire d'Etat américain chargé des affaires africaines Jonnie Carson qu'il rejetterait le projet de loi anti-gay s'il était maintenu en l'état.
Le projet de loi doit être débattu à nouveau ce mois-ci.

Manifestation à Paris pour empêcher la criminalisation des homosexuels
Un rassemblement de protestation contre le projet de loi du parlement Ougandais visant à criminaliser l'homosexualité était organisé à Paris ce lundi 4 janvier à 18h30 à l'appel du Collectif "Empêcher la criminalisation des homosexuel(les) ougandais(es)".
Incluant à l'origine la peine de mort pour les homosexuels et les séropositifs, le texte s'oriente désormais vers des peines de prison ainsi que des "reconditionnements".

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mercredi 16 décembre 2009

L’homophobie en chiffres (USA)

Les chiffres ci-dessous correspondant à une enquête réalisée il y a 5 ans aux Etats-Unis sont cités par Amnesty International

- Un collégien américain entend en moyenne des commentaires homophobes (« pédé », « tapette », « gouine », etc.) 26 fois par jour.
- Dans 97% des cas, les enseignants n’interviennent pas.
- 53% des élèves entendent des commentaires homophobes de la bouche des enseignants et administrateurs de l’école.

- 80% des jeunes gays et lesbiennes souffrent gravement d’isolation sociale.
- 28% des élèves gays quittent l’école avant d’obtenir leur diplôme, contre seulement 11% des élèves hétérosexuels.

- 26% des jeunes gays sont mis à la porte du foyer familial par leurs parents.
- 19% des jeunes gays et lesbiennes sont victimes d’agressions physiques à cause de leur orientation sexuelle.

- Le taux de suicide est 4 fois plus élevé chez les adolescents gays que chez les hétérosexuels.
- Dans 40 Etats américains sur 50, un enseignant peut être licencié parce qu’il est gay.

Pensez-vous que la situation soit très différente dans nos écoles ?

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vendredi 11 décembre 2009

Triste histoire

Mon attention a été attirée cette semaine par une triste histoire d’homophobie jugée actuellement par la cour d’assise du Nord.

Deux jeunes marginaux sont accusés d'avoir battu à mort un sexagénaire dans un parc fréquenté par des homosexuels en janvier 2008 à Cambrai, quelques heures après avoir agressé deux autres homosexuels au même endroit.
Issus de milieux modestes, sans qualification ni profession, les coaccusés, qui se sont rencontrés dans un foyer d'hébergement, ont reconnu les agressions mais nié avoir agi par haine des homosexuels.
« Je n'ai rien contre eux », a déclaré à l'audience l’un des prévenus, père de trois enfants, accusé par l'une des victimes de l'avoir frappée après lui avoir demandée : « Tu es pédé ? ». La cour s'est essentiellement intéressée à la personnalité de l’autre prévenu qui a avoué une relation sexuelle avec l'une des victimes. « J'ai eu peur qu'il dise quelque chose. J'ai eu peur que Cédric sache que j'avais eu une relation sexuelle avec un homme », a-t-il expliqué pour justifier ses violences.
« La question n'est pas de savoir si un auteur de délit ou de crime est homophobe mais de savoir s'il a commis un acte homophobe », a lancé Me Jean-Bernard Geoffroy au nom du Collectif contre l'homophobie, évoquant une possible « haine de soi » et un rejet de sa sexualité chez le prévenu en question.
« L'un des enjeux de ce procès est le contexte dans lequel les agressions ont été commises, en clair le caractère homophobe ou non », a souligné le président Jean-Michel Faure.
Le président lit ensuite les dépositions de résidants du foyer d'hébergement de Cambrai où vivaient les deux accusés. Il cite : « Kevin m'a dit que ce n'était pas sa première agression dans le parc. C'était la troisième ou la quatrième. Il appelait ça la chasse aux pédés. » Le président Faure l'interroge. « Avez-vous employé ce terme ? » Lui, qui se reconnaît coupable mais nie son homophobie, répond naturellement, « Oui, j'ai tenu ces propos car je n'assumais pas ma relation sexuelle avec une des victimes. J'ai préféré que l'on retienne cette image-là de moi plutôt que de quelqu'un qui a une relation avec un homme. » Le président lui demande alors : « Êtes-vous homosexuel ? » Sans trembler, il répond : « Oui ».
Cédric, mal à l'aise, répond comme un gamin vexé à la question suivante. « Kevin, vous avait-il déjà dit qu'il faisait la chasse aux pédés ? ». Il se penche vers le micro. « Non ».
Le médecin légiste a plongé la cour dans l'effroi. Son examen a révélé des coups d'une extrême violence portés au visage provoquant une hémorragie intracrânienne. « La mort est la cause directe de ce traumatisme crânien ». « La victime aurait-elle souffert avant de tomber dans le coma ? » l'interroge le président. « Oui, les lésions n'ont pas été immédiatement mortelles. Il y a eu ensuite une période de coma léger, puis profond, avec une agonie. » Quant aux coups de poing donnés à l'une des parties civiles agressées, le médecin affirme : « Des coups de poing au visage qui donnent de telles lésions, c'est peu courant ! »
Loin de moi la volonté d’excuser ces jeunes agresseurs ou de leur trouver des circonstances atténuantes. Ils ont commis un crime crapuleux et doivent être sanctionnés sévèrement pour ces actes. Toutefois, mon coup de pique ne leur est pas adressé. Ce serait trop facile de désigner ces deux paumés comme seuls responsables de cette atrocité.
Il y va aussi de la responsabilité d’une société largement hétérosexuelle, incapable de s’occuper de tous ses enfants et de leur donner des repères clairs, des raisons de vivre autres que s’attaquer gratuitement à ceux qui leur paraissent plus faibles ou plus paumés qu’eux.
Mon coup de pique vise tout particulièrement ceux et celles qui, en col blanc ou robe de dame patronnesse, en soutane blanche ou en djellaba, déversent leur bile homophobe et laissent penser aux esprits faibles que les homosexuels sont des être moins respectables que les autres.
Certes, ces « notables » ne seront jamais condamnés par la cour d’assise du Nord. Pourtant, ils ont leur part de responsabilité dans les actes commis à Cambrai et dans bien d’autres perpétrés ailleurs.


Monsieur Vanneste ne devrait-il pas plutôt envisager une thérapeutique, un accompagnement, pour les jeunes enfants délinquants ? J’imagine qu’il préférerait, pour respecter la parité, envisager une société avec 50 % d’homophobes. C’est dramatique !

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vendredi 4 décembre 2009

Procession d'Echternach aux Etats-Unis

Trois pas en avant, deux pas en arrière ou deux pas sur le côté, telle est la procession qui se déroule chaque année dans la petite ville d’Echternach au Grand-duché de Luxembourg. C’est aussi ce qui semble se passer aux Etats-Unis d’Amérique.

Un pas en avant à Washington :
Le conseil municipal de la capitale fédérale américaine, Washington, a fait un pas de plus mardi vers la légalisation du mariage homosexuel, en adoptant en première lecture un texte dans ce sens, en dépit de la vive opposition de l'Eglise catholique.
Un comité de 13 conseillers a voté à 11 voix contre 2 une loi autorisant l'union entre les personnes de même sexe, a indiqué le porte-parole de la ville, Michael Price. Un second vote est attendu dans les semaines à venir.
Cette mesure, voulue par le maire démocrate Adrian Fenty, est vigoureusement combattue par l'archevêché catholique ainsi que par l'opposition qui réclame la tenue d'un référendum.
L'Eglise catholique, qui compte 580.000 fidèles dans l'ensemble de l'agglomération, demande une modification du projet de loi, afin qu'elle puisse être exemptée de reconnaître les unions homosexuelles et de fournir des services à des couples de même sexe.
Elle a menacé de mettre fin aux programmes sociaux réalisés en collaboration avec la municipalité de Washington, ce qui affecterait quelque 68.000 personnes.

Un pas en arrière à New York :
Le Sénat de l'Etat de New York a rejeté mercredi le projet de loi légalisant le mariage homosexuel.
Seuls 24 sénateurs ont voté pour, 38 se sont prononcés contre le texte qui avait été approuvé par l'Assemblée de l'Etat en mai dernier.
Les élus de la chambre haute infligent ainsi un camouflet au gouverneur démocrate de l'Etat David Paterson, à l'origine du projet de loi.
Le rejet du Sénat empêche New York de devenir le 6ème Etat américain, et de loin le plus important vu ses plus de 19 millions d'habitants, à légaliser les mariages homosexuels.
Des lois similaires ont été adoptées dans cinq autres Etats du nord-est des Etats-Unis (Maine, Connecticut, Massachusetts, New Hampshire et Vermont) et dans l'Iowa.
Toutefois dans le Maine, un référendum organisé le 3 novembre dernier a annulé la loi. La Californie, qui était le premier Etat américain où le mariage homosexuel avait été approuvé l'an dernier, est également revenue sur sa décision après un référendum similaire.
En 2007, l'Assemblée de l'Etat de New York avait déjà approuvé le mariage homosexuel, mais le texte n'était pas non plus passé au Sénat.
Comme cela s'était produit après l'adoption de la Proposition 8 abrogeant le mariage gay en Californie, des dizaines de manifestants se sont rassemblés sur Times Square à New York après le vote du Sénat de l'État contre le projet de loi sur le mariage homosexuel.
Les manifestants portaient notamment des affiches arborant "I love NY" avec un cœur brisé, témoignant de leur déception.

Les préjugés contre l’homosexualité sont tenaces. Même s’il n’a rien d’étonnant, on peut s’inquiéter du chantage à l’aide sociale exercé par l’Eglise catholique. La fin justifie les moyens ? Un comportement bien peu chrétien quand même !


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jeudi 3 décembre 2009

Coeur et Pique

Depuis de nombreuses années, les homosexuels ne peuvent plus donner du sang. C'est une discrimination injustifiée.
Quand un pays décide de lever cette interdiction, nous ne pouvons que nous en réjouir. C'est le cas de la Suède à laquelle j'attribue mon coup de coeur du jour.

La Suède va lever l'interdiction de don du sang par les homosexuels le 1er mars 2010, à la condition que le donneur n'ait pas eu de rapport sexuel avec un autre homme durant l'année précédente, ont annoncé les autorités sanitaires mardi.
"Les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes ne seront plus empêchés systématiquement de donner du sang", indique la Direction nationale de la santé et des affaires sociales dans un communiqué, le jour de la Journée mondiale contre le sida.
Mais les personnes qui ont eu un "comportement sexuel à risque" peuvent être empêchées de donner leur sang durant un an et "ce groupe inclut les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes", précise l'autorité sanitaire.
Tous les donneurs doivent remplir un questionnaire détaillé sur leur état de santé et leurs rapports sexuels passés avant d'être approuvés. Tous les échantillons sont ensuite testés.
Les homosexuels sont considérés comme un groupe à risque pour les maladies sexuellement transmissibles comme le sida ou les hépatites.
Plusieurs autres pays européens ont déjà levé l'interdiction de don du sang par les homosexuels, selon une porte-parole de la Direction nationale de la santé et des affaires sociales.

Source : e-llico

Avoir des lois, c'est bien. Les faire respecter, c'est mieux. Le coup de pique du jour est pour le tribunal d'Orléans qui n'a pas voulu appliquer la loi condamnant l'homophobie.

Le verdict d'une affaire opposant un homosexuel à ses agresseurs l'ayant attaqué sur un lieu de rencontre gay, rendu hier à Orléans, paraît aberrant : le juge n'a pas retenu le caractère homophobe de l'agression.
Les faits remontent à la nuit du 4 au 5 août 2007. Un jeune gay orléanais se fait tabasser par une bande d'une dizaine de personnes alors qu'il drague sur un lieu de rencontre gay de la ville.
Retrouvés puis inculpés grâce à un témoin qui avait noté l'immatriculation de leur voiture trois des agresseurs ont comparu le 3 novembre dernier devant le tribunal correctionnel d'Orléans.
Lors de l’audience, les agresseurs ont reconnu les faits de violence en réunion, mais nié le caractère homophobe de leurs actes, s'appuyant notamment sur le fait qu’aucune insulte n’a été proférée.
La victime, quant à elle, soutenue par l'association LGBT locale Groupe action gay et lesbien 45 (GAGL) plaidait la circonstance aggravante.
De façon troublante, le tribunal n'a pas retenu le caractère homophobe et s'est contenté de condamner les deux agresseurs à neuf mois de prison avec sursis.
Et ce alors que le lieu même de l'agression témoigne d'un acte délibérément homophobe et alors que cette circonstance aggravante avait été retenue en mai dernier lors de l’audience jugeant un mineur impliqué dans l'affaire devant le Tribunal pour enfants.
Pour le GAGL45 ce jugement est "honteux".
La victime espère un appel du Procureur de la République.

Source : e-llico


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lundi 30 novembre 2009

Adolescent homosexuel décapité

Le meurtre de Jorge Steven Lopez Mercado, un jeune gay de 19 ans, le 14 novembre dernier à Porto Rico, dans des conditions particulièrement horribles, bouleverse la communauté LGBT en Amérique. Ce crime pourrait être le premier jugé selon la "loi Matthew Shepard" sanctionnant les crimes de haine homophobes.

Le corps sans vie de Jorge Steven Lopez Mercado a été retrouvé sur le bord d'une route de l'île de Porto Rico, décapité, démembré et partiellement brûlé.
Les bras et les jambes avaient été découpés. Une tentative similaire avait été faite sur le torse, et la totalité du corps du jeune homme a été jetée dans une rue isolée.
Jorge était ouvertement gay et très connu au sein de la communauté gay de l'île, État libre associé aux États-Unis. .
La cruauté même de sa mort a suscité une très forte émotion, mais celle-ci a été renforcée par l'indignation qui a suivi les déclarations d'un policier chargé de l'affaire.
Celui-ci a laissé entendre que le jeune gay "méritait son sort en raison mode de vie qu'il menait". L'agent a été depuis écarté de l'affaire et réprimandé pour ses commentaires.
Un suspect a été appréhendé et inculpé. Juan A. Martinez Matos a avoué le crime et apporté des indications sur les conditions dans lesquelles il est survenu.
Le meurtrier aurait abordé le jeune gay dans une rue d'un quartier chaud croyant, selon ses dires, que celui-ci était une femme, puisqu'il portait des vêtements féminins. Il aurait violemment réagi en découvrant le sexe réel de sa recrue et une altercation serait intervenue entre les deux hommes. Selon lui, la victime lui aurait demandé de l'argent.
La police a retrouvé une perruque, un couteau, un matelas brûlé et des traces de sang sur les lieux où l'assassinat a eu lieu.
Martinez Matos plaide la "panique" face à l'homosexualité soulignant qu'il a été sexuellement agressé au cours d'un séjour en prison.
Les militants gays de Porto Rico demandent l'application de la toute récente "loi Matthew Shepard" sanctionnant les crimes de haine homophobes.
Cette affaire pourrait ainsi être le premier cas à être jugé en vertu de cette disposition.
Plusieurs manifestations de solidarité ont eu lieu à Porto Rico même et à travers les États-Unis le week-end dernier.
Miriam Mercado, la mère de la victime, a enregistré une vidéo, diffusée sur Internet, dans laquelle elle dit sa gratitude aux manifestants et délivre un message de tolérance. "L’amour est plus fort que la haine, dit elle. C’est ce que nous devons hurler au monde".
Le ministère de la Justice de Porto Rico a annoncé qu'il allait traiter l'enquête sur le meurtre de Jorge López Mercado Steven comme un crime de haine, comme le permet désormais la loi américaine.

Source : e-llico

COMMUNIQUE : Marchons contre le sida
Parce que le Sida progresse encore et toujours, en Belgique comme ailleurs
Malgré les campagnes de sensibilisation, le VIH continue à gagner du terrain. En 2008, 1079 infections par le VIH ont été diagnostiquées en Belgique. Par ailleurs, c’est au cours de la période 2003 - 2008 que les nombres les plus élevés de nouveaux diagnostics VIH par an ont été enregistrés, et ce depuis le début de l’épidémie.
Au niveau mondial, les chiffres sont plus qu’alarmants : nous en sommes à 7 500 nouvelles infections par jour ! L’Afrique subsaharienne reste la région la plus durement touchée par le VIH, et représente 67% du total des personnes vivant avec le VIH et 72% des décès dus au sida en 2007.
Comme chaque année, Ecolo sera présent lors de la marche contre le SIDA ce mardi 1er décembre 2009
Par solidarité avec les séropositifs, bien sûr, mais aussi pour réclamer beaucoup plus de moyens publics à la prévention contre le SIDA.
C’est toute l’année qu’Ecolo se mobilise, dans les parlements et les exécutifs, pour :
• Un réinvestissement important dans les grandes campagnes de prévention à l’attention d’un large public tant en Belgique qu’au niveau international. Il faut combattre la banalisation du Sida, surtout chez les jeunes.
• Un investissement public dans des structures de dépistage anonyme et gratuit qui facilite l’accès des jeunes, des populations précarisées et des personnes migrantes au dépistage.
• La généralisation des animations à la vie affective et sexuelle en milieu scolaire pour chaque jeune.
Aujourd’hui encore, trop de jeunes se retrouvent dans des situations complexes ou prennent des risques pour leur santé physique et mentale parce qu’ils n’ont pas reçu ou pas compris les informations relatives à la vie relationnelle, affective et sexuelle.

Zoé Genot, Députée fédérale
Jacques Morel, Député régional et communautaire
Benoit Hellings, Sénateur


Pour manifester votre solidarité avec les personnes séropositives et malades du sida et afficher au grand jour votre rejet de toutes formes de discrimination à l’égard des personnes atteintes par le sida, portez le ruban rouge avec vos amis, à l’école, au travail !
Le ruban rouge se veut un symbole d’espoir. Sa couleur rouge, évoque le sang. Sa forme représente l’infini coupé. Le ruban se porte comme un « V » inversé...
... jusqu’au jour où un remède sera découvert alors le « V » signifiera victoire.
De nombreuses actions et événements auront lieu partout en Belgique.
A Bruxelles, place de la Monnaie, dans le centre de Bruxelles. :
- A partir de 12 heures : Village associatif, place de la Monnaie, où l’on pourra notamment s’informer auprès des divers organismes et associations qui s’occupent de prévention.
- 19h : Marche de Solidarité initiée par la Plate-Forme Prévention Sida, avec le soutien de la Ville de Bruxelles. Rendez-vous place de la Monnaie. La Marche se déplacera dans les grands boulevards du centre de Bruxelles, pour aboutir aux alentours de 20h à l’hôtel de Ville, où se tiendra la traditionnelle cérémonie d’hommage aux victimes du sida.


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jeudi 26 novembre 2009

Simply Gay a true story

Aujourd’hui, je vous propose un coup de cœur et un coup de pique.
Le coup de cœur pour saluer une initiative que je trouve intéressante, le coup de pique pour dénoncer une réaction que je considère comme inappropriée.

Coup de Cœur pour le projet de Michaël Patinet :
Simply Gay est un projet de spectacle musical 100 % original, pédagogique et socioculturel, qui vise à aider à la lutte contre la discrimination homosexuelle chez les jeunes et les moins jeunes.
Ce spectacle pourrait être joué dans les écoles secondaires, les hautes écoles et les cercles universitaires.
Si tout se passe bien, il pourrait débuter en septembre 2010.
Le concepteur de ce projet recherche actuellement des partenaires sociaux afin de monter le spectacle dont 95 % des musiques et la mise en scène sont déjà prêtes.
Soutenez ce projet et aidez-le à prendre vie en rejoignant
le groupe de soutien sur Facebook.
Découvrez aussi le projet sur le blog Simply Gay a true story.

Coup de pique pour la directrice de l’école de dance :
Vu l'orientation du nouveau projet de Michaël, je tiens à signaler que l'école de danse ne participera pas à Simply Gay. La lutte contre l'homophobie est une chose, la promotion en est une autre et même si personnellement je n'ai aucun souci avec les choix d'orientation sexuelle, je suis en charge de plus de 300 mineurs dont les parents ne sont peut-être pas du même avis et je me dois de rester neutre par respect pour ces personnes.
Merci de tenir compte des obligations de chacun.
Bon succès dans ce projet.
C.

Avant de prendre d'autorité la décision de ne pas participer, C. aurait pu en discuter avec les parents et ses élèves pour envisager une participation sur base volontaire avec les élèves (et parents) qui auraient accepté d'y participer.
Quelle est la limite entre la réprobation de la promotion de la l'homosexualité et l'homophobie ?
Tout d'abord, qu'est-ce que la promotion de l'homosexualité et pourquoi faudrait-il la réprouver ?
Comment lutter contre l'homophobie sans expliquer ce qu'est l'homosexualité et en quoi elle est naturelle et doit être acceptée ?
Quoi que puisse en dire C., sa position est homophobe. Elle est bel et bien basée sur une peur (phobie) face à l'homosexualité.
Elle a peur de ce que pourraient "peut-être" penser les parents face à la question sensible de l'homosexualité mais elle ne semble même pas les avoir consulté.
Elle prétend vouloir rester neutre par respect pour ceux qui n'approuveraient pas le projet. Pourtant, se placer dans le camp des parents qui n'approuveraient pas, ce n'est pas de la neutralité. En effet, en se plaçant dans ce camp, elle néglige le camp de ceux qui pourraient approuver le projet.
De même, elle dit être en charge de 300 mineurs et n'avoir aucun souci avec les "choix" d'orientation sexuelle. A-t-elle conscience que parmi ses 300 élèves, il y a statistiquement près de 30 élèves homosexuels ? A-t-elle pensé à ces 30 élèves qu'elle abandonne à leur triste sort en leur faisant comprendre que leur orientation sexuelle minoritaire n'a pas à s'exprimer. Pas de problème pour ses 270 élèves hétérosexuels qui baignent dans une société hétérosexiste. Ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles, heureux de savoir qu'ils font partie de la classe majoritaire donc dominante et que rien ne doit changer.
Par contre, quid de ses 30 élèves homosexuels ? Ils restent livrés à leur triste sort. Certes, on ne leur en veut pas d'être homosexuels pour autant qu'ils continuent à rester discrets sur leur orientation, à se cacher dans leur placard. Tant pis pour eux, s'ils n'ont pas de repères positifs.
Est-ce cela l'école de l'égalité des chances ?
Non bien sûr, C. n'est pas homophobe ou si peu. Pourtant elle a peur. Peur du qu'en dira t-on des parents, mais peut-être aussi peur de la réprobation de son pouvoir organisateur, peur pour sa place, peur d'être associée de près ou de loin à l'image de l'homosexualité, ...
Une question pour C. : s'il s'était agi d'un spectacle contre la xénophobie, aurait-elle réagi de la même manière ?
Pourtant, il y aurait sans doute eu aussi des parents qui auraient été de l'avis qu'il ne fallait pas faire la "promotion" des cultures étrangères.
A mon avis, la meilleure façon de lutter contre une phobie, c'est de faire preuve de lucidité et de courage.
La lucidité et le courage, mais aussi et surtout le bien de TOUS ses élèves, particulièrement ceux qui risquent d'être le plus fragilisés, c'est ce que nous sommes en droit d'attendre de la part d'une personne responsable de l'éducation de plusieurs centaines de jeunes.
En espérant que C. pourra prendre connaissance de ces quelques réflexions et, pourquoi pas, qu'elle reviendra sur sa décision, je souhaite sincèrement plein succès à ce projet.


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